L'épeire de l'ombre
Aperçue cet été sous la rambarde métallique d'un petit pont en pleine ville, cette sombre Epeire des fissures (Nuctenea umbratica) était en train de fignoler sa toile pour la nuit : à la lueur des lampadaires, elle devait intercepter beaucoup plus de proies qu'en plein jour, durant lequel les rayons de soie accumulaient les poussières et débris projetés par les voitures...
Très discrète, cette araignée orbitèle passe son temps cachée dans les endroits les plus variés : derrière les volets, sous les toits, dans les tas de bois, les éboulis et même derrière les panneaux de signalisation : tant qu'elle est à l'abri des regards, tout ou presque lui convient ! Pour réussir à passer dans les fissures les plus étroites, elle peut considérablement aplatir son corps grâce aux six faisceaux de muscles dont on aperçoit les points d'ancrage en forme de creux sur son abdomen... pratique pour passer inaperçue !
PS : Comme toujours en ce qui concerne les araignées à toiles géométriques, toutes les descriptions et anecdotes se trouvent dans les n° 73 et 74 de La Hulotte !

