Souvenirs de Camargue
Quand il n'y en a plus, il y en a encore ! Et oui, je viens de retrouver au fond d'une clef usb ces photos de coléoptères photographiés au bord du Rhône, dans un petit village du Gard... Malgré leurs couleurs éclatantes, ils n'étaient pas faciles à repérer dans la végétation colorée et agitée par le vent incessant qui souffle en Camargue, et leur fâcheuse tendance au décollage inopiné m'a fait déclencher un nombre incalculable de fois avec pour seul résultat une magnifique photo de brindille sans le moindre bestiau dessus ! Mais la persévérance a fini par payer et j'ai réussi à en immortaliser quelques uns ! Avec leurs couleurs vives et leur aspect verni, j'ai d'abord pensé à des Chrysomelidae mais il semblerait qu'il s'agisse en réalité de Meloidae, appartenant sans doute au genre Mylabris...
Mylabris variablilis
Et Mylabris quadripunctata... paré pour le décollage !
Maître Cormoran sur son poteau perché...
Hop, ni vu ni connu je vous présente une nouvelle photo de Camargue, avec ce Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo) aperçu depuis la route menant aux Salins-de-Giraud... La prise de vue fut assez acrobatique : n'ayant pas le temps de sortir de la voiture, prendre la longue-vue, monter le trépied, visser l'adaptateur à l'appareil puis l'appareil "adaptaté" à la longue-vue, j'ai juste collé l'objectif du coolpix contre l'oculaire de la lunette, laquelle était en équilibre instable sur la vitre ouverte du véhicule que mon père conduisait le plus lentement possible !
Ceci explique sans doute la netteté moyenne de la photo, mais j'étais plutôt contente de la composition et de l'attitude du cormoran, perché sur cet entrecroisement de piquets en bois sur fond de mer bleue...
Rouge !
"Rouge c'est rouge, je surveille tout ce qui bouge", telle pourrait être la devise de monsieur Crocothemis erythraea... contrairement aux farouches grandes libellules qu'il faut approcher avec mille précautions, ce petit anisoptère écarlate est très facile à observer : curieux et peu méfiant, il se pose volontiers sur les buissons bas au bord des chemins longeant marais, rizières et autres étendues d'eau saumâtres... quand ce n'est pas carrément sur l'appareil du photographe ! En plus de leur couleur pas très discrète, les mâles sont reconnaissables à l'absence de marques noires sur les pattes, le thorax et la tête, ainsi qu'à la tache ambrée à la base de leurs ailes postérieures.
Par contre j'ai (encore) un problème d'identification avec cet individu photographié sur le même fil de clôture que le mâle de la deuxième photo : je penche pour une femelle de la même espèce (pas de noir sur les pattes ni le thorax, tache jaune à la base des ailes postérieures, lame vulvaire très saillante) mais tout ce bleu en bas des yeux me fait douter...
Et puisqu'on parle de difficultés de détermination, j'ai toujours un gros doute sur l'identité des deux derniers sujets de la première fournée de Crocothemis ;-) (vivement les vacances de Noël, que j'aie un peu le temps de me replonger dans les critères d'identification...)
Agrions colorés
Poursuivons la semaine spéciale Odonates avec deux petits zygotos zygoptères, pas évidents à repérer dans les herbes des dunes mais assez faciles à photographier (du moins quand ce satané vent en rafales ne faisait pas bouger leur support, scrogneugneu)... Il s'agit sans doute de très communs Agrions élégants (Ishnura elegans) ; j'en ai vu de toutes les couleurs (notamment un individu violet !) mais il m'en restait deux bizarrement colorés : le premier est certainement une femelle de type C, avec l'avant-dernier segment abdominal marron, mais le second me laisse un peu perplexe... et la luminosité de la photo n'arrange pas les choses !
Je pense à un jeune mâle, mais la couleur vert/orange de son abdomen me semble étrange : qu'en pensent les zygoptérologues ? :D
Devinette
Top ! Odonate commun en Europe, mon aire de répartition atteint l'Asie centrale mais ne dépasse pas le cercle polaire ; souvent posé au sol à proximité des cours d'eau, on me reconnaît à mon abdomen bleu terminé de noir, à mes ptérostigmas et appendices annaux sombres, je suis...
Je suis...
L'Orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum) mâle ! Celui-ci s'étant aimablement posé à mes pieds sur la digue des saintes-Maries-de-la-mer, j'en ai profité pour dégainer le coolpix avant qu'il ne décolle... bien m'en a pris, car il ne m'a pas laissé le temps de prendre une autre photo !
Et après le mâle, place aux femelles, plus ternes mais assez faciles à identifier grâce à leur abdomen jaunâtre barré de deux épaisses lignes noires... mais pour les approcher, il faut allier la ruse du Sioux à la lenteur de l'escargot, sans oublier le camouflage du caméléon et la patience du héron guettant sa proie du coin de l'œil : le moins qu'on puisse dire, c'est que ces libellules étaient légèrement méfiantes sur les bords ;-)
Larges pattes
Comme promis, voici la première note de la série "odonates camarguais" ! On commence avec un petit zygoptère, pâlichon à première vue mais délicatement coloré quand on le regarde de plus près ; avec ses tibias très larges, ses pattes faiblement rayées de noir et son abdomen clair, il est assez facile d'identifier l'Agrion blanchâtre (Platycnemis latipes), même s'il cohabite en France avec P. pennipes et P. acutipennis...
L'individu de la première photo ne semblait pas en grande forme : en plus d'une étrange courbure de l'abdomen, il lui manquait deux pattes : accident de mue ou prédation ratée, le pauvre partait avec un sérieux handicap !
Le second avait l'air plus vif mais on peut remarquer qu'il lui manque aussi une patte...
A la pêche aux vermisseaux...
Et non, mon stock de photos camarguaises n'est pas encore épuisé ! La preuve avec ces digiscopies de limicole en pleine séance de pêche dans un étang du Pont de Gau... La qualité des photos n'est pas top mais il prenait un malin plaisir à se cacher derrière roseaux et branches mortes, j'ai fait ce que je pouvais avec la mise au point manuelle ;-)
Malgré le fort contre-jour, le ventre pâle, le cercle orbital blanc et les pattes sombres semblent indiquer qu'il s'agit d'un chevalier culblanc (Tringa ochropus) mais c'est juste une supposition... je ne suis pas très calée en limicoles !
A la pointe de la mode
Il paraît que le violet est la couleur tendance* de cet hiver... ce n'est pas cette jeune femelle d'agrion élégant qui dira le contraire ! Sous le soleil écrasant de la mi-journée provençale, elle semblait se reposer sur support... tout en surveillant du coin de l'œil l'imprudent diptère sur le brin d'herbe d'à côté !
Avant-dernier segment bleu, thorax violet et ptérostigmas bicolores, tout semble confirmer qu'il s'agit d'une femelle immature d'Ishnura elegans, espèce largement répandue dans toute l'Europe.
* Ça se voit que j'ai fréquenté une salle d'attente de cabinet médical ces derniers temps ? :D
Tenue de camouflage
Avec sa tenue "treillis" (à faire pâlir d'envie
les militaires de l'armée de terre !) spécialement étudiée pour passer le plus
inaperçu possible dans la garrigue provençale, ce criquet était bien difficile
à repérer... heureusement, il a eu la bonne idée de s'envoler devant moi pour
se poser bien en évidence quelques mètres plus loin : une approche à quatre
pattes plus tard, clic clac il était dans la boîte !
J'ai eu un peu de mal à l'identifier (des criquets beige/vert, ce n'est pas ce
qui manque sur les photos et dessins des guides !) mais je suis quasiment sûre
qu'il s'agit d'un bel Oedaleus decorus, avec ses longues antennes
fines, une "larme" blanche sous l'œil et deux traits + un point
pâles sur le thorax...
Sprinteuses des plages
Jolis coléoptères métallisés, les cicindèles ne sont pas franchement des sujets idéaux pour la macro : rapides comme l'éclair, ces redoutables chasseresses passent leur temps à courir sur le sable de toute la vitesse de leurs six pattes, de quoi essouffler le plus endurant des photographes ! Un peu exaspérée par leur vélocité, j'allais abandonner lorsque j'en aperçus une plus lente que les autres... et pour cause, il s'agissait d'un couple en pleine perpétuation de l'espèce (mais qui n'en continuait pas moins à arpenter leur territoire de broussailles sablonneuses comme si de rien n'était !).
D'après leur couleur marron et la forme des taches beiges sur les élytres, je pense qu'il s'agit d'un mâle et d'une femelle de l'espèce Cicindela hybrida, commune de la Camargue au Nord de la France ;-)
Remarquez leurs mandibules démesurées pour de si petites bêtes !

























