Barbare
Encore un petit souvenir du printemps avec ce joli zygoptère observé en région Poitou-Charentes : grâce à son thorax vert sans pointe sur le côté, ses ptérostigmas bicolores et ses cerques blancs, je pense avoir identifié un mâle de Lestes barbarus (le Leste barbare), une espèce que je n'avais encore jamais rencontrée !
Le leste barbare affectionne les eaux stagnantes ensoleillées, peu profondes et non polluées telles que les mares, marais, étangs ou prés inondables ; cet individu était perché sur une ronce au bord d'un bassin de récupération des eaux dans une carrière de calcaire.
Grand Pourceau
Alors que je poursuivais un criquet dans une prairie vosgienne, je suis tombée sur une sorte de boudin sombre, cornu et présentant plusieurs ocelles ornées de demi-lunes blanches : en l'observant de plus près, le susdit boudin s'est avéré être une chenille de belle taille très occupée à grignoter les tiges à portée de ses mandibules !
La petite "corne" dressée à l'extrémité de son abdomen permet d'identifier immédiatement la famille : seules les chenilles de Sphingidae présentent cet attribut ! Sa grande taille et ses ocelles caractéristiques m'ont ensuite permis d'arriver sans trop de difficultés jusqu'à l'espèce Deilephila elpenor (le Grand Sphinx de la vigne) dont la chenille est communément surnommée "Grand Pourceau" en raison de sa tête en forme de groin.
Paresseuse comme une couleuvre
Encore et toujours au cours de mes inventaires estivaux, mais cette fois en Haute-Loire, je suis tombée tout à fait par hasard sur une belle couleuvre qui dormait tranquillement dans les herbes hautes chauffées par le soleil de début d'après-midi. L'ayant aperçue au dernier moment (un peu plus et je lui marchais dessus !), je n'ai hélas pas pu éviter de la réveiller et elle s'en est allée paisiblement après m'avoir accordé quelques secondes de pose pour les photos :-)
Concernant son identification, sa petite taille et sa silhouette svelte me font pencher pour une Coronelle, mais difficile de départager les deux espèces sosies que sont la Coronelle lisse (Coronella austriaca) et la Coronelle girondine (Coronella girondica) ; cependant, grâce au site coronella.free.fr, j'ai pu me décider en faveur de la Coronelle lisse : pas de ligne claire sur le dos, calotte sombre bien marquée sur la tête, bande noire entre le nez et l'œil, pas de "larme" noire sous l'œil... seul élément de doute, les deux traits sombres en arrière de la tête reliant la calotte au premier motif dorsal sont plus caractéristiques de la girondine mais ils peuvent également être présents chez la lisse.
Demi-deuil
Toujours au cours de mes vadrouilles estivales sur le terrain, j'ai régulièrement rencontré le Demi-deuil (Melanargia galathea), qui, malgré son nom funèbre, est un bien joli papillon que l'on reconnaît de loin grâce à ses dessins caractéristiques. Cette espèce est présente dans toute la France mais dans le sud-est du pays, elle peut être confondue avec l'Échiquier d'Ibérie, l'Échiquier d'Occitanie et l'Échiquier de Russie ; cet individu ayant été observé en Lorraine, son appartenance à l'espèce Melanargia galathea ne faire guère de doute !
L'empaleuse
Au cours de mes inventaires faunistiques dans la campagne de diverses régions françaises, j'ai souvent eu l'occasion de parcourir des milieux bocagers constitués d'aubépines et de prunelliers : ces arbustes aux branches hérissées de fortes épines (mes jambes et bras s'en souviennent encore !) sont les postes d'affûts favoris de la pie-grièche écorcheur (Lanius collurio). Cet oiseau, prédateur d'insectes voire de petits mammifères, s'en sert non seulement de "tour de contrôle" mais également de garde-manger en empalant ses proies sur les épines acérées.
Une fois repérée de visu ou grâce à son chant (un cri rauque assez peu mélodieux, il faut bien le dire), la pie-grièche écorcheur est très facile à observer puisqu'elle ne quitte son perchoir que pour capturer une proie avant de revenir quasiment au même endroit.
Voici deux photos "jumelloscopées" (d'où leur piètre qualité) d'un mâle peu farouche qui observait mon filet à papillons avec intérêt : peut-être comparait-il nos techniques de chasse respectives ! (je précise tout de même que mes "proies" étaient relâchées, les brochettes de lépidoptères ne me tentant que moyennement :D)
Saltique provençale
Avis à la population, Zygena rouvre ses portes après un mois d'interruption ! Pour fêter ça, voici quelques images d'une jolie araignée sauteuse orangée rencontrée au début de l'été dans les Bouches-du-Rhône :
Avec ses pédipalpes blancs et son abdomen flamboyant rayé d'une barre noire, peu de confusion possible : il s'agit certainement d'un beau mâle de l'espèce Philaeus chrysops, une timide Saltique assez fréquente en région méditerranéenne !
















